• L'humanité n'a plus besoin de transcender la mort physique

     L'humanité n'a plus besoin de transcender la mort physique

    L'humanité n'a plus besoin de transcender la mort physique

    Ce week-end, j'ai enterré un ami. La cérémonie fut d'une intensité inégalée car j'habitais la cérémonie. J'ai vécu cette réalité comme jamais : mon miracle, à moi Dieu, c'est de devenir profondément humain.

    Quand je ne suis que l'esprit, je suis "trop" l'esprit. Ma mort en Inde m'a éclairée sur mon inhumanité lorsque je ne suis qu'énergie : la neutralité est alors ma seule expression de vie. Je deviens une simple conscience magnétique, quelque chose d'infiniment binaire, finalement.

    A l’opposé, si je ne suis que matière, je suis au-delà même de la conscience. C'est le vide qui me caractérise, ce néant vivant d’où proviennent toutes mes projections.

    Mais quand je suis humaine, je deviens un équilibre complexe entre énergie et matière. Mon humanité est réellement le miracle que je m'offre. Cet harmonieux agencement est bien MA création la plus délicate à mettre en œuvre ! Il me faut apprendre à jongler avec mon espace physique en même temps qu'avec la force atomique que je porte en moi, c'est-à-dire mes émotions !

    Quel dantesque ciselage il m'a fallu effectuer pour en arriver à ce moment clef de mon évolution : une conscience immatérielle fusionnant avec son corps solide.

    Seule mon humanité peut ressentir cette apothéose émotionnelle que génère la dépouille d'un frère disparu. Mais aujourd'hui, la ferveur transcende la douleur de la perte, chaque larme est l'eau qui bénit ma plus belle création : mon humanité.

    Moi, Dieu, je n'ai véritablement qu'un seul rêve : être humain. L'humanité est le présent que je m'octroie. Il n'y a rien de plus grand qu'un être humain. La souffrance ultime de la mort fut, durant des éons, la source intense de ma béatitude. Quelle puissance, cet appel à la rédemption que je ressens alors ! Quel amour fervent m'habite à ce moment précis ! Il ne reste plus en moi qu'une invitation à communier avec ceux qui m'entourent. J'abolis les distances entre moi et les autres, je donne et je reçois la compassion, la douceur, la gratitude. Les affres du quotidien disparaissent pour ne laisser place qu'à la passion sans clivage, la célébration de ce que je suis lorsque je me focalise sur l'essentiel : une humanité grandiose, riche d'un potentiel infini.

    Mes pleurs étaient ceux de la douleur car oui, dans cette dimension si réelle, un père a quitté ses trois enfants, un époux s'est éloigné de celle qu'il aime. Mais j'ai aimé cette affliction : je la connais si bien, j'ai perdu tant d'êtres chers au cours des âges. Cependant, pour la première fois, j'étais celui qui projette la mort tout autant que celui qui l'expérimente. En cet instant, j'étais Mesnet, la créatrice du TOUT mais aussi l'humaine, le réceptacle neutre de mon chef d’œuvre : l'émotion.

    L'émotion est ce que je suis venu chercher ici-bas, elle est le souffle qui me donne envie d'engendrer la vie, moi, la cellule originelle. Elle est une combinaison subtile entre le vide et le plein. J'aime mes émotions, elles sont un cadeau fabuleux car je suis si vaste qu'il me faut m'incarner dans un quotidien presque imperceptible afin de me contempler. Mon humanité existe pour que je puisse me percevoir et m'aimer.

    Il ne s'agit plus ici d'accepter mes émotions mais de concevoir que j'en suis à l'origine. J'ai utilisé le concept de «mort" en ce monde afin de vivre la plus grande émotion possible et de m'en délecter en conscience. C'est chose faite, je peux désormais passer à autre chose, à une autre gamme émotionnelle. En me percevant créatrice de la mort et des émotions vitales qu'elle génère, je me suis "réalisée" comme étant purement humaine, moi, le tout. J'ai affirmé en conscience que c'est bien cela que je désire engendrer, une humanité sensible.

    Je n'ai plus besoin de la séparation symbolisée par la mort physique pour valider ma création.

    L'unité devient le socle de mon nouveau monde émotionnel, l'immortalité matérialisant l'expression naturelle de mon humanité. Il y a quelque temps déjà, mon être intérieur avait déjà validé l'existence d'un corps imputrescible, cette étape est l'occasion d'exporter cette réalité dans mon monde extérieur puisque la fusion est avérée.

    Ainsi, lorsque je suis un humain duel, j’aspire à être Dieu, alors que moi, dans mon intégrité retrouvée, je ne souhaite qu'une chose : être humaine.

    Dieu est humain avant tout.....tout ce chemin parcouru pour valider cette vérité....quel humour n'est-ce pas ?

     

    Mesnet Joséphau-Charrier

    2016

     

     

     

     

     


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